6 août 2026 · 9 min de lecture
Hériter de la maison familiale : vendre, garder ou louer ?
Vous héritez de la maison de vos parents en Touraine ? Je compare calmement les trois options — vendre, garder, louer — avec les coûts réels et les questions à se poser.

Quand on hérite de la maison familiale, la première question n'est pas financière. Elle est intime : est-ce que je me sens capable de m'en séparer ? Beaucoup de personnes que j'accompagne en Touraine me disent la même chose : « c'est la maison de mes parents, je ne peux pas la vendre comme un objet ». C'est légitime, et il n'y a aucune urgence à trancher.
Il existe trois chemins possibles : vendre, garder pour y vivre ou pour la famille, ou louer. Aucun n'est meilleur que l'autre dans l'absolu. Tout dépend de votre situation, de celle des autres héritiers, et de ce que la maison représente pour vous. Voici de quoi y voir clair, calmement.
Avant de choisir : trois choses à savoir
1. Vous n'êtes pas obligé de décider tout de suite
Tant que la succession n'est pas réglée chez le notaire, aucune décision définitive n'est prise. Comptez généralement six mois pour la déclaration de succession, parfois davantage. Rien ne vous empêche de laisser passer quelques mois pour souffler. Le seul point de vigilance : une maison vide se dégrade et coûte de l'argent (taxe foncière, assurance, chauffage minimal, entretien du jardin).
2. Vous devez connaître la valeur réelle de la maison
C'est le point de départ de toute décision. La valeur déclarée au notaire n'est pas toujours la valeur de marché. Une estimation trop basse peut vous coûter cher en plus-value si vous vendez plus tard ; une estimation trop haute augmente inutilement les droits de succession. Une estimation écrite et argumentée, appuyée sur des ventes comparables réelles dans la commune, protège tout le monde.
3. Si vous héritez à plusieurs, chaque option demande un accord
En indivision, garder, louer ou vendre ne se décide pas seul. Le détail des règles est expliqué dans mon guide les étapes pour vendre une maison en indivision entre héritiers. Vendre exige l'unanimité, louer en location vide se décide à la majorité des deux tiers. Mieux vaut donc parler des trois options ensemble, avant de s'attacher à une seule.
Option 1 : vendre la maison
C'est la solution la plus fréquente, et souvent la plus apaisante quand plusieurs héritiers sont concernés. Elle transforme un bien difficile à partager en une somme qui, elle, se partage simplement.
Ce qui plaide pour la vente :
- Elle met fin aux frais fixes : taxe foncière, assurance, travaux d'entretien, chauffage hors gel.
- Elle évite les tensions familiales qui naissent souvent d'une indivision qui dure.
- La plus-value est exonérée si la maison était la résidence principale du défunt et qu'elle est vendue dans un délai raisonnable après le décès.
- Une maison ancienne non rénovée se vend aujourd'hui mieux qu'elle ne se loue, car les acquéreurs acceptent d'y faire des travaux à leur goût.
Ce qui doit vous faire réfléchir : si un des héritiers habite la maison, ou si l'un d'eux souhaite la reprendre, la vente peut être vécue comme une perte brutale. Dans ce cas, le rachat des parts par cet héritier (la « licitation ») est souvent la meilleure sortie : lui garde la maison, les autres reçoivent leur part en argent.
Option 2 : garder la maison
Garder, c'est possible — à condition d'en mesurer le coût réel. Une maison de 120 m² en Touraine coûte, entretien courant compris, entre 2 500 et 4 000 € par an, hors travaux importants. Ajoutez-y le diagnostic de performance énergétique : beaucoup de maisons des années 1960-1980 sont classées E, F ou G, et la remise à niveau (isolation, menuiseries, chauffage) se chiffre souvent entre 30 000 et 60 000 €.
Garder a du sens si :
- Vous ou un de vos enfants comptez y habiter dans un délai prévisible.
- La maison est en bon état et les charges restent supportables sans effort.
- Les héritiers sont d'accord et acceptent de partager les frais par écrit.
À l'inverse, garder « en attendant de voir » est rarement une bonne idée : la maison se dégrade, les frais s'accumulent, et le sujet finit par empoisonner les relations familiales.
Option 3 : louer la maison
La location permet de conserver le bien tout en couvrant une partie des charges. À Ballan-Miré ou dans le Tours Sud, une maison familiale de 100 à 120 m² se loue généralement entre 900 et 1 200 € par mois selon l'état et le jardin.
Les avantages : un revenu régulier, une maison occupée donc entretenue, et la possibilité de reprendre la décision plus tard.
Les contraintes, qu'il faut connaître avant de se lancer :
- Un logement classé F ou G ne peut plus être mis en location. Sans travaux, la location n'est tout simplement pas possible.
- Les loyers sont imposables et s'ajoutent à vos revenus — pour un retraité, cela peut faire basculer de tranche.
- La gestion demande du temps, ou une agence (7 à 9 % des loyers).
- En indivision, il faut se répartir loyers et charges, et se mettre d'accord sur les travaux.
Comment trancher : trois questions simples
- Est-ce que quelqu'un de la famille veut y vivre dans les deux ans ? Si oui, gardez et organisez le rachat des parts. Si non, la question de la vente se pose sérieusement.
- Est-ce que les charges annuelles sont supportables sans y penser ? Si elles vous pèsent, la maison finira par devenir un souci plutôt qu'un souvenir.
- Est-ce que tout le monde est d'accord ? Une décision prise à contrecœur crée des rancunes qui durent bien plus longtemps qu'une vente.
Mon conseil, en tant que conseillère en Touraine
Commencez par faire estimer la maison, sérieusement et gratuitement. Pas pour vendre : pour savoir. Une fois le chiffre posé, les trois options deviennent comparables, et la discussion familiale devient beaucoup plus simple.
Et si, après cela, vous décidez de garder la maison, je vous le dirai franchement : c'est un choix parfaitement respectable. Mon rôle n'est pas de vous pousser à vendre, mais de vous donner les éléments pour choisir en connaissance de cause, à votre rythme.
Questions fréquentes
Faut-il vendre avant ou après le règlement de la succession ?
La vente ne peut être signée qu'une fois l'attestation de propriété immobilière établie par le notaire. En revanche, vous pouvez faire estimer la maison et même la mettre en vente pendant cette période : les délais se recoupent, ce qui évite de perdre plusieurs mois.
Que se passe-t-il si un héritier habite la maison sans payer ?
Il est en principe redevable d'une indemnité d'occupation envers l'indivision, calculée à partir de la valeur locative du bien. Cette question se règle au moment du partage, chez le notaire. Mieux vaut l'aborder tôt, calmement, plutôt que de la découvrir au dernier moment.
Y a-t-il une plus-value à payer si on vend une maison héritée ?
La plus-value se calcule sur la différence entre le prix de vente et la valeur déclarée dans la succession. Si vous vendez rapidement au prix estimé, elle est souvent nulle ou faible. C'est une raison de plus pour que l'estimation initiale soit juste.
Peut-on louer la maison en attendant de décider ?
Oui, si le diagnostic énergétique le permet et si les héritiers représentant deux tiers des droits sont d'accord. Attention toutefois : un locataire en place complique une vente future, car il faut respecter les délais de congé pour vente.
Parlons-en, sans engagement
Si vous venez d'hériter d'une maison à Ballan-Miré, Tours Sud, Veigné, Joué-lès-Tours ou dans les communes voisines, je peux vous fournir une estimation écrite et gratuite, et vous aider à comparer les trois options chiffres en main. Aucune obligation de vendre : nous prenons le temps qu'il faut.
Faire estimer gratuitement la maison héritée, sans engagement